Depuis 2020, le monde a changé. La peur s’est installée dans nos rues, dans nos cœurs. Ces poèmes sont nés de ce silence pesant — pour rappeler ce qui reste quand tout tremble : l’amour, la compassion, et cette certitude que nous sommes tous faits du même souffle.
Nous sommes faits du même souffle

Depuis que le monde a tremblé,
depuis que les portes se sont fermées
et que la peur s’est installée dans nos rues —
j’ai cherché ce qui reste.
Il reste toi.
Il reste moi.
Il reste cette main tendue dans l’obscurité
qui ne demande pas ton nom,
ni ta langue,
ni la couleur de ton ciel.
Nous sommes faits du même souffle.
Du même premier cri.
De la même dernière prière.
Aimer n’a jamais eu de frontière.
C’est nous qui en avons tracé.
C’est nous qui pouvons les effacer.
L’enfant ne choisit pas

L’enfant qui pleure à Gaza
et celui qui pleure à Paris
pleurent dans la même langue —
celle que personne n’a besoin d’apprendre.
Nous sommes nés pour nous tenir chaud.
Pour partager le pain.
Pour regarder les étoiles ensemble
et nous demander la même chose :
Est-ce que demain sera doux ?
Il le sera.
Si nous décidons qu’il le sera.
Ce que la peur ne peut pas prendre

Elle peut fermer les aéroports,
arrêter les trains,
faire taire les places publiques.
Mais elle ne peut pas entrer
dans le regard d’une mère sur son enfant.
Elle ne peut pas effacer
le sourire d’un inconnu dans la tempête.
Elle ne peut pas éteindre
ce feu doux qui brûle en toi —
cette certitude tranquille
que l’amour est plus vieux que la peur.
Et qu’il lui survivra.

