Avant la Fête des Mères, posez-vous cette question : qu’est-ce que je n’ai jamais eu le temps de lui dire ?

Il y a des mots qu’on porte depuis des années.

Lourds. Doux. Patients.

Des mots qu’on comptait dire un soir tranquille,
autour d’une tasse de thé, quand le moment serait juste.

Mais le bon moment a cette habitude cruelle
de ne jamais tout à fait arriver.

Alors on continue de les porter. Silencieusement.
Avec soin.

Pendant qu’elle attend — sans savoir qu’elle attend.

Ce que personne ne nous apprend à dire

On nous apprend à être polis. À remercier au bon moment,
sur le bon ton, avec le bon sourire.

Mais personne ne nous apprend l’autre gratitude —
celle qui est si profonde qu’elle en devient presque douloureuse.

Celle qui dit : tu as façonné ce que je suis.
Celle qui dit : j’ai vu tes sacrifices silencieux,
et je les ai remarqués, même quand je ne disais rien.
Celle qui dit : je ne sais pas qui je serais sans toi,
et cette pensée seule me tient éveillé la nuit.

Ces mots-là n’ont pas leur place sur une carte de vœux.
Ils appartiennent à quelque chose de plus calme.
De plus permanent.

Les questions qu’on n’a jamais eu le courage de poser

Il arrive un moment — souvent trop tard —
où l’on réalise à quel point on les connaissait peu.

Pas leur visage. Pas leur rire.
Pas les petits rituels qui les rendaient uniques.

Mais les choses plus profondes. Les rêves qu’ils ont
doucement abandonnés. Les blessures dont ils n’ont jamais parlé.
La version d’eux-mêmes qui existait avant notre arrivée —
avant qu’ils ne deviennent simplement « Maman. »

On était si occupés à être aimés
qu’on a oublié d’être curieux.

On pensait qu’il y aurait toujours un autre dimanche.
Un autre coup de téléphone. Un autre soir tranquille
pour poser enfin les questions qu’on remettait à plus tard.

Et puis un jour, plus tard devient jamais.

Non par négligence. Mais parce qu’on est humains —
et les humains ont cette étrange habitude de croire
que les gens qu’ils aiment le plus seront toujours là
pour recevoir ce qu’ils avaient prévu de leur dire.

Certains silences, une fois installés, ne se lèvent plus jamais.

Ce que le temps murmure quand on finit par l’écouter

L’amour est patient d’une façon qu’on apprécie rarement
avant d’être mis à l’épreuve.

On le ressent en permanence — en fond de vie,
stable et discret, comme la lumière par une fenêtre
qu’on a cessé de remarquer.

Mais ressentir l’amour et l’exprimer
sont deux actes de courage entièrement différents.

L’un se produit seul.
L’autre demande qu’on s’arrête. Qu’on s’assoie.
Qu’on regarde quelqu’un dans les yeux et qu’on dise
les mots qu’on répète en silence depuis si longtemps.

La plupart d’entre nous n’y arrivent jamais vraiment.
Non par manque d’amour — mais par manque de temps,
de courage, ou de cette conviction que nos mots
pourraient être à la hauteur de ce qu’on ressent.

Ils peuvent l’être.
Ils ont juste besoin d’un endroit où se poser.

Il est peut-être encore temps

Si elle est encore là —
si vous pouvez encore entendre sa voix,
encore sentir la chaleur particulière de sa présence —
alors vous tenez quelque chose d’extraordinaire entre les mains.

N’attendez pas la Fête des Mères.
N’attendez pas l’occasion parfaite,
l’humeur parfaite, la phrase parfaite.

Il n’existe pas de phrase parfaite.
Il n’existe que la phrase vraie.

Et la phrase vraie — aussi imparfaite,
aussi tremblante soit-elle — est celle
qu’elle attend depuis toujours de recevoir.

Avant que le temps décide à votre place.

Cette Fête des Mères, offrez-lui ce qu’aucun magasin ne vend

Pas des fleurs qui se faneront vendredi.
Pas un parfum choisi en trois minutes
sous des néons de centre commercial.
Pas une carte signée avec les mots de quelqu’un d’autre.

Offrez-lui les vôtres.

Ceux qui attendaient.
La gratitude qui va au-delà du merci.
L’admiration qui n’a jamais trouvé sa voix.
L’amour si évident pour vous
qu’il n’a jamais été dit à voix haute.

C’est pour ça que j’ai écrit Maman, merci d’être toi.

Non pour remplir des pages — mais pour les ouvrir.
Pour créer un espace où les mots que vous portez
ont enfin quelque part où aller.

Parce que certaines choses méritent d’être écrites.
Parce qu’elle mérite de les lire.
Et parce que vous méritez la légèreté
de les avoir enfin dites.

Commencez ce soir

Vous n’avez pas besoin d’être écrivain.
Vous n’avez pas besoin d’éloquence
ni de la phrase d’ouverture parfaite.

Vous avez juste besoin d’honnêteté —
et du courage tranquille de commencer.

Le journal vous guidera.
Doucement. Page après page.
Vers les mots qui ont toujours été là,
en attente de permission d’exister.

La Fête des Mères approche.

Mais les mots que vous lui devez
n’ont pas de date d’expiration.

Alors ce soir, posez-vous cette question :

Qu’est-ce que je n’ai jamais eu le temps de lui dire ?

Et cette fois —

écrivez-le.

— Zara Lumis

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